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 Le Vénézuela poursuit ses efforts d’armement

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Thermic



Nombre de messages : 58
Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 18/09/2005

MessageSujet: Le Vénézuela poursuit ses efforts d’armement   Ven 30 Sep 2005 - 8:52

Bonjour,



Il y a quelques mois on avait fait grand cas de l’achat par le Vénézuela de près de 100.000 fusils d’assaut AK- 103 ainsi que d’une licence d’assemblage sur place. Curieusement, relayant les préoccupations des EU, la presse avait essentiellement focalisé sur cet achat de fusils d’assaut destinés à remplacer les FAL belges hors d’âge et elle n’avait pratiquement pas parlé des autres achats de l’état bolivarien. Etait-ce réellement dû à la crainte de voir ces armes usagées aboutir entre les mains de réseaux comme celui des FARC ou des narcos ou était-ce dû aux premiers symptômes d’un syndrome irakien ? Celui de devoir affronter une population armée jusqu’au dents en cas d’intervention militaire dans le pays.
Pourtant, le Vénézuela avait acheté des avions de transport et de ravitaillement, des hélicoptères de combat et de transport de troupes ainsi que des navettes côtières. Ce n’est pas rien.

Le président Hugo Chavez poursuit cet effort de modernisation et lance une offre d’achat pour l’acquisition de 3 sous-marins diesel-électriques auprès de 3 fournisseurs sans que cela ne fasse réagir qui que ce soit.
Il est vrai que ces nouveaux bâtiments viendront en remplacement des anciens modèles allemands 209. Mais au moins deux modèles peuvent être équipés de missiles de croisières.

Les pays fournisseurs consultés sont respectivement la France et l’Espagne (coopération DCN-Navantia) pour le Scorpene, l’Allemagne pour les U212 et U214 et enfin la Russie pour la dernière version d’un bâtiment de la classe Amour de 4ème génération.
Ces trois pays ont la réputation de fabriquer ce qui se fait de mieux en la matière.

Bien que les spécialistes considèrent que les sous-marins diesel-électriques soient essentiellement destinés à la défense il n’en reste pas moins qu’un bâtiment diesel électrique de dernière génération est plus silencieux qu’un bâtiment nucléaire et est donc à même de pouvoir s’infiltrer dans les eaux territoriales d’un pays ennemi.
Et le fait qu’au moins deux des trois modèles retenus soient à même de tirer des missiles de croisières (à vérifier pour le Scorpene) pousse à revoir ce type de concepts.

L’Amiral José Laguna-Laguna se rendra prochainement en Russie où il prendra place à bord d’un sous-marin Amour.
Selon l’amiral, la préférence sera accordée au submersible qui fera preuve des meilleures caractéristiques tactiques et techniques, et dont le maniement sera facile à apprendre.

Dans un même temps, le Venezuerla renforcera ses effectifs à la frontière colombienne de 15 à 20.000 hommes.
C’est par cette frontière qu’étaient passés il y a près d’un an des commandos venus de Colombie. Ils étaient prêts a effectuer un coup de force lorsqu’ils s’étaient fait arrêter dans la résidence d’un opposant pro-américain de Chavez.
Les EU et la Colombie ont souvent déclaré que le Vénézuela servait de base arrière aux commandos des FARC.



Th.


Le Scorpene
http://www.dcn.fr/produits/sous_marin_attaque.html#3
en un peu moins laconique…
http://www.naval-technology.com/projects/scorpene/

Les U212 et U214
http://www.naval-technology.com/projects/type_212/

Classe Amour ou Amur (voir le 950)
http://www.ckb-rubin.ru/eng/project/submarine/noatompl/

Missiles club-s
http://www.defense-update.com/products/c/club-s.htm
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LeNonce



Nombre de messages : 9
Localisation : Paris
Date d'inscription : 26/09/2005

MessageSujet: Le Venezuela, puissance régionale montante d'Am. du Sud ?   Mer 5 Oct 2005 - 12:59

En effet, le Venezuela semble soucieux d'affirmer sa puissance et son indépendance. Outre des fusils d'assault et des sous-marins (un autre lien sur ce sujet, avec quelques précisions techniques et financières sur les submersibles en question), le Venezuela chercherait à se doter d'ordinateurs ... en collaboration avec la Chine. Cette semaine, il a passé un contrat avec Alcatel, équipementier télécoms français, pour la construction d'un réseau Ethernet qui sera terminé rapidement.

Français et Chinois apportent donc au Venezuela ce qu'il n'a pas. En revanche, sur ses ressources propres (pétrole, mais également métaux et minéraux), Chavez a le souci d'assurer le développement économique de son pays au profit du Venezuela et de revenir sur les concessions faites aux groupes pétroliers et miniers étrangers sur son sol.

On ne peut pas nier le volontarisme économique certain de Chavez. Mais il va au-delà. Outre ses liens traditionnels avec Cuba et Castro, le Venezuela se sert de son pétrole pour construire sa politique étrangère, tout spécialement au niveau régional. On sait que Caracas fournit à Cuba du pétrole contre des médecins, qu'il a aidé l'Equateur à tenir ses engagements de livraisons de barils lors d'une récente grève des mineurs. Caracas tente maintenant de faire pareil avec Haïti. Et le "Total" vénézuélien PDVSA a noué des liens avec son homologue brésilien Petrobras pour la construction d'une raffinerie.

Bien sûr, la politique étrangère vénézuélienne ne se limite pas au pétrole*. La preuve : le Venezuela reste très actif en Colombie avec les guérillas, comme l'ELN, et ne laisse rien passer à l'administration Bush (exemple de l'affaire Posada, dernièrement).

Ceci est important, économiquement comme politiquement : la transformation de la ressources brute génère davantage de valeur ajoutée que la simple extraction (c'est moins vrai pour le pétrole que pour les autres ressources, cependant). C'est pourquoi historiquement, elle est souvent réalisée dans les pays occidentaux. Le fait que les pays miniers ET exportateurs se mettent à transformer leur minerai/pétrole, l'on remarque déjà en Russie, dans certains pays d'Afrique, est nouveau : ces pays savent désormais mieux défendre leurs intérêts.

Bref : le Venezuela est le premier à remettre en cause la "Destinée Manifeste" des Etats-Unis sur le continent américain, et il a tente de le faire en bonne intelligence avec d'autres pays latinos. Pour un nouveauté, c'est une nouveauté.

A suivre...

Le Nonce

* : à ce propos, citation d'une tribune du Monde rédigée par Sadek Boussena, algérien, ancien président de l'OPEP, dans l'édition du 5 septembre dernier :

(...)
Pour l'heure, ces compagnies se contenteraient d'une ouverture plus franche de l'amont des exportateurs, avec des procédures plus transparentes pour raccourcir les délais de négociation.

Mais qu'en est-il des pays producteurs ? Des prix élevés étaient supposés les inciter à augmenter la production et éventuellement remodeler leur législation, pour attirer les opérateurs étrangers.

Pour l'instant, si l'on excepte quelques rares cas, dont l'Algérie, on assiste plutôt à un mouvement inverse. Les gros exportateurs, comme l'Arabie saoudite, le Mexique, l'Iran et le Koweït, malgré de fortes sollicitations, ne veulent toujours pas ouvrir l'amont pétrolier et préfèrent le réserver exclusivement à leur compagnie nationale. D'autres grands producteurs ­ Russie, Kazakhstan, Venezuela ­ qui, pourtant, avaient réalisé des ouvertures notables il y a quelques années, profitent de l'amélioration de leurs revenus pour durcir les conditions de contrats déjà signés, renforcer le rôle de leurs compagnies et augmenter la fiscalité à l'exportation.

Ceci, sans compter les cas du Pérou et de l'Equateur où, suite à des mouvements sociaux contestant le partage de la rente pétrolière, on évoque même des possibilités de nationalisations !

Des commentateurs ont connoté péjorativement cette évolution, la qualifiant de "renouveau du nationalisme pétrolier" .

Mais, à l'heure où Washington refuse le rachat du géant du pétrole Unocal par le chinois Cnooc au nom de la "protection des intérêts nationaux" et où, dans d'autres pays riches, il est question de "patriotisme économique" , il faudra faire avec ce "nationalisme pétrolier" pendant encore un moment".

(...)
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Jomini



Nombre de messages : 5
Date d'inscription : 06/08/2007

MessageSujet: Le Vénézuéla poursuit ses efforts d'armement   Lun 24 Sep 2007 - 23:05

Bonjour à tous,


1 Un point sur l'équipement
- 5.000 fusils de précision Dragounov dotés d'une lunette télescopique et d'un dispositif infrarouge
- cinq ou neuf sous-marins à propulsion diesel classe Amour
- 100.000 fusils d'assaut Kalachnikov
- construction au Venezuela d'une usine de fabrication sur licence russe de fusils d'assaut AK-103 et d'une usine de cartouches de 7,62 mm
- construction d'une usine de fabrication de missiles
- 38 hélicoptères russes Mi-17B-5 et Mi-35M
- 24 chasseurs polyvalents Su-30MK2.
- missiles sol-air Tor-M1 et Osa-10,
- véhicules de transports de troupes blindés
- quelque 500 officiers et soldats chinois encadrent les forces spéciales du président Hugo Chávez
- quatre corvettes, quatre patrouilleurs côtiers, dix avions de transport C-295 et deux avions de surveillance maritime CN-235 à l'Espagne.


2 Pourquoi ce réarmement
D'abord parce que c'est une nécessité : le matériel américain vieilli et il ne peut pas être entretenu. En effet, les EUA voulant à tout prix isoler H. Chavez rendent impossible la maintenance courante et la modernisation de leur équipement. Le 15 mai 2006, le Département d'Etat américain a introduit un interdit sur les ventes d'armes et de technologies militaires au Venezuela. Et bien que H. Chavez ait fait reculer les EUA en novembre 2005 et obtenu des pièces de rechange pour les F-16, il ne peut être envisagé de dépendre du bon vouloir de Washington pour une armée opérationnelle. Donc, il faut se réarmer avec du matériel autre.
D'autre part, en ce déclarant directement de l'idéologie de Simon Bolivar, H. Chavez oriente son pays sur la voie du socialisme et de l'indépendance vis à vis de Washington. En tournant ainsi le dos à l'idéologie des EUA, la République Bolivarienne du Vénézuéla s'est fait un ennemi mortel qui n'hésite pas à utiliser la manière forte pour contraindre les uns et les autres à suivre ses directives.En cela, voir le putsch d'avril 2002. Le pays devient un enjeu majeur dans la politique des dominos que
Washington tente de contrôler. Là encore, il faut faire face à l'éventuel conflit armé.
Enfin, en tant que principale réserve de pétrole des Amériques, le Vénézuéla est en première ligne pour subir les pressions de Washington. Ici, nous retiendrons l'intervention armée des EUA en Irak pour s'approprier des richesse pétrolières qui risquaient de lui échapper (pour faire court). Dans ces conditions, seul un arsenal dissuassif peut assurer l'indépendance vénézuélienne.


3 Perspectives
Dans l'immédiat ce réarmement réduit pour les EUA les probabilités d'obtenir par un coup de main les ressources du pays. Mais au delà de ce simple constat, nous assistons à des mouvements de fond qui risquent fort de changer la donne de la région.
Tout d'abord, nous voyons intervenir des pays qui étaient autrement invisibles il y a peu. La Chine, grand rival économique des EUA et future super-puissance s'implante militairement au Vénézuéla en fournissant des instructeurs pour les troupes spéciales. Mais la Chine intervient aussi très fortement sur l'équilibre de la région lorsqu'elle participe à la construction d'un pipe-line entre le Vénézuéla et la côte Pacifique. La Russie devient aussi un nouvel acteur de l'Amérique Latine, puisque nouveau fournisseur militaire du Vénézuela. Il est à noter que c'est moins par une politique sud-américaine active que par l'intransigeance de Washington qu'elle réussit une telle percée.
L'Espagne quant à elle semble tenir un nouveau rôle. De chef de file de la diplomatie européenne en Amérique latine, elle devient fer de lance d'une politique de conquête. Ce virage s'est amorcé fin 2005 lorsque le gouvernement espagnol déclare qu'il honorera un contrat de vente au Venezuela d'avions militaires — dotés de composants de technologie américaine, qui seront remplacés —, en dépit de la décision de Washington de s'y opposer.
Ensuite nous constatons un fort mouvement de résistance aux EUA à travers une grande partie de l'amérique latine. Mouvement de résistance largement encouragé par le Vénézuéla. Le nouvel armement de Caracas symbolise un courant d'émancipation dans l'arrière-cour de Washington. Celle-ci ne peut que constater une baisse de son influence sur son propre continent et surtout un regain politique du rebelle voué aux gémonies et soutenue par Chavez : Cuba.
Enfin, outre la confrontation avec Washington, ce réarmement influe sur les voisins immédiats de Caracas. Mais ce supplément de moyens n'inquiète guère le géant brésilien et n'est pas non plus à même de mettre en danger le voisin colombien.

Au final, les perspectives du Vénézuéla sont plutôt favorables tant que les EUA sont bloqués en Irak et que le cours du pétrole suit son train. L'état bolivarien peut se réarmer sans craindre une réaction d'envergure de son voisin nord-américain et sans le souci d'un manque de moyens. Mais, dans le même temps, ce qui fait la force de Caracas - la raréfaction du pétrole - en fait aussi sa faiblesse, car les besoins des EUA sont tels qu'ils ne peuvent qu'être attisés par de telles ressources à portée de main.
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