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 La conférence de presse historique de Vladimir Poutine.

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Fritz
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Nombre de messages : 147
Date d'inscription : 24/09/2005

MessageSujet: La conférence de presse historique de Vladimir Poutine.   Sam 4 Fév 2006 - 17:38

Bonjour à tous,


Il semblerait que les médias hexagonaux n'aient pas repéré le coup, mais
Vladimir Poutine a donné une importante conférence de presse à Moscou
le 31 janvier, devant un parterre de journalistes venus du monde entier.
Il a répondu à un très grand nombre de questions sur un très grand nombre de sujets,
et cela avec une grande précision et parfois quelque humour.


L'armée russe

L'affaire du malheureux conscrit handicapé à vie suite à un bizutage hystérique a été abordée.
Vladimir Poutine a répondu qu'il avait donné pour consigne à Sergueï Ivanov,
Ministre de la Défense, d'instaurer dans l'armée russe ce qui existe partout sauf en Russie :
une police militaire, qui sera entre autres chargée de s'attaquer
de front à ce problème que l'armée traîne comme une casserole.

Rebondissant sur le sujet de l'armée russe et sur la grande réforme
qui approche, le président russe a annoncé les premières étapes
de la professionalisation de l'armée :
A partir de fin 2007, les soldats de métier seront recrutés sous contrat
comme en Occident ; et en 2008, les appelés ne feront plus qu'un an de service militaire,
contre deux ou trois ans actuellement.


La guerre du gaz

Au sujet de la guerre du gaz, un journaliste a demandé à Poutine si
"le gaz était devenu une arme pour la Russie". A quoi ce dernier a répondu :
"Vous savez, il nous reste encore largement assez de missiles
datant de la guerre froide. A ce suet, nous sommes justement
en train de tester notre nouveau système ballistique nucléaire hypersonique intercontinental.
"

Redevenant sérieux, VVP a qualifié la situation entre l'Ukraine et la Russie
de "très positive, car un accord a été signé" (confirmant ainsi les impressions de Thermic).
Il a qualifié le gouvernement de Kiev de "très courageux" d'avoir reconnu "à la différence des autres années",
les vols de gaz - 34,5 millions de mètres cubes par jour cette année.
Vladimir Poutine a ajouté que finalement, dans cette affaire,
le plus important pour la Russie éyait "d'être payée".
Vladimir Vladimirovitch a enfoncé le clou assez loin,
en affirmant que l'Ukraine avait la capacité de régler sa facture "fin février".
Je suppose que c'est en réalité impossible, mais bon, il s'agit de négociations
et d'une simple gestion classique des rapports de forces,
comme cela se fait par exemple entre entreprises.

Au sujet du prix du gaz, le président russe a indiqué que
"nous n'avons pas sorti ces prix de notre chapeau :
ils sont basés sur les tarifs mondiaux en la matière.
Ces prix ne dépendent pas du gouvernement russe,
mais de l'économie de marché.
"

Parlant ensuite du problème du gaz entre la Russie et les pays de l'ex-URSS,
VVP s'est livré à l'analyse suivante :
"Depuis la chute de l'URSS, la Russie connaît un passage graduel vers les prix du marché.
Ce qui a rendu possible cette gradualité, c'est le fait que depuis quinze ans,
ces pays sont en fait entretenus par les citoyens russes.
Par exemple, chaque année, la Russie donne à l'Ukraine 3,5 milliards de dollars,
alors que l'aide américaine ne se monte qu'à 174 millions de dollars.
Personne, semble-t-il, ne prend la peine de mentionner ces aides
annuelles de la Russie aux pays de l'ex-URSS.
Après la chute du Mur, l'Allemagne a investi des sommes colossales
en Allemagne de l'Est. Mais il y avait a cela une raison :
l'Allemagne payait pour la réunification.
Et nous, nous payons pour quoi ?
"


L'économie de la Russie

Les journalistes ont ensuite bombardé Poutine de questions au sujet de l'état de l'économie russe.
Le président a fourni les chiffres suivants :
"En 2005, le P.I.B. de la Russie a connu une croissance de 6,4 %,
alors que les prévisions étaient de 5,9 %.
Les marchés de fonds ont connu une croissance de 88 %, le record mondial.
Les réserves d'or et de devises ont été portées à 182 millards de dollars.
Le fonds de stabilisation
[destiné à maintenir le cours du rouble
et notamment à lutter contre l'inflation] a été considérablement renforcé.
Le salaire moyen a augmenté de 9,8 % et les retraites de 13 %.
Les impôts, qui sont beaucoup trop élevés, représentent 36,8 % du P.I.B.,
et vont être réduits.
La Russie va créer une Banque Russe de Développement, dotée de 2,5 milliards de dollars,
sur le modèle de la Banque Eurasienne de Développement
fondée par la Russie et le Kazakhhstan.
Pour information, cette dernière a été dotée de 1,5 milliards de dollars :
un milliard fourni par la Russie et un demi-milliard fourni par le Kazakhstan.

En ce qui concerne l'inflation, notre but était de la ramener à 8,5 %,
mais nous n'y sommes pas parvenus : l'inflation réelle en 2005
a été de 10,8 ou 10,9 %. Cela dit, il s'agit tout de même d'une amélioration
par rapport à 2004.
Mais l'inflation est encore trop élevée, car elle contraint les banques
à pratiquer des taux d'intérêts trop forts qui dissuadent les entreprises
d'emprunter, donc d'investir, le tissu micro-économique en
étant la principale victime.
Début 2005, les taux d'intérêts étaient de 15 %.
Ils ont été ramenés à 1-13 %, mais c'est encore trop.

Quant au rapport dette/PIB, il a été ramené à 30 %, alors qu'il était de 80 % en 2000.
A noter qu'il s'agit là d'un des meilleurs résultats mondiaux,
un résultat qui montre que la Russie mène une politique économique
mesurée.
Cependant, malgré ces résultats, le pays compte encore beaucoup trop de pauvres.
La lutte contre la pauvreté reste donc la priorité numéro 1
."


L'OMC

Les journalistes ont également abordé l'épineux sujet de l'adhésion de la Russie à l'OMC.
Le président russe a répondu d'une manière très directe :
"L'obstacle principal à l'adhésion de la Russie à l'OMC,
ce sont les Etats-Unis. Dès que les Etats-Unis seront d'accord,
les autres pays suivront. De toute façon, les chiens aboient et la caravane passe.
"


Les restructurations

Concernant les grandes manoeuvres économico-industrielles,
VVP a indiqué qu'il était "possible, très possible",
que les constructeurs de camions Kamaz, Avtomaz et Gaz
fusionnent pour constituer un géant national automobile.

Concernant l'industrie des véhicules particulers, Poutine
a précisé que "le gouvernement vient de terminer de formuler ses conditions
pour l'assemblage de voitures de constructeurs occidentaux sur son territoire.
Six grands constructeurs occidentaux ont déjà signé
et quatorze autres sont encore en négociations.
"

Au sujet de l'industrie du nickel, Vladimir Vladimirovitch
a indiqué que "le gouvernement n'est pas informé de l'état
d'avancement du projet de rachat de Norilski Nickel par
Alros. Cependant, si Norilski Nickel souhaite concrétiser
ses projets d'expansion à l'étranger, la société sera soutenue
par le gouvernement russe.
"


Le système social

Au sujet du système de santé russe, Poutine a déclaré :
"ce système doit être réformé. Nous avons sélectionné des régions
qui vont être dotées de centres médicaux high-tech,
car le pays est immense, et beaucoup de gens n'ont pas toujours
la possibilité de se rendre à Moscou, à Saint-Pétersbourg
ou à Nijni-Novgorod pour bénéficier de soins spécifiques.
"

Les sujets abordés dans le présent post ne sont pas exhaustifs.
Les journalistes ont aussi parlé du système de nomination des gouverneurs, de la Biélorussie,
de la situation dans le Caucase, de l'Afghanistan, de l'Ouzbékistan, de la Géorgie,
du Hamas, de la technologie nucléaire et de l'Iran,
du Kossovo, de la Turquie et des médias.

Vladimir Vladimirovitch a conclu ainsi cette conférence de presse-fleuve :

"Au sujet des critiques adressées à la Russie, il faut distinguer
deux sortes de critiques : les critiques constructives formulées
par des partenaires constructifs, et les critiques formulées
par ceux qui ne comprennent pas que le monde a changé,
qui ne comprennent pas ce qui se passe dans notre pays,
et qui critiquent non par objectivité, mais à cause d'idéologies désuètes.
"

Les journalistes ont été étonnés de constater que le président russe
avait répondu à toutes les questions sans le moindre document écrit dans les mains.





Fritz.
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