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 FTP 1944.

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Fritz
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Nombre de messages : 147
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MessageSujet: FTP 1944.   Ven 27 Jan 2006 - 20:15

Bonjour à tous,

Trouvé par hasard sur un site inconnu :


"Des Soviets dans le Sud-Ouest ?

Fin août, début septembre 1944, la rumeur court : s'appuyant sur les Francs-Tireurs et partisans, les communistes veulent ajouter l'insurrection à la libération et créer une « République rouge »...
IL S'AGIT de l'une des grandes énigmes de la Seconde Guere mondiale : pourquoi les chefs ­ très souvent communistes ­ de la Résistance armée en France ont-ils ­ après cent jours de pouvoir quasi absolu ­ renoncé à fonder durablement une « République rouge des maquis » dans le Sud-Ouest ? Nombre d'historiens se sont penchés sur cette question, ont avancé des explications qu'eux-mêmes trouvaient... un peu courtes. Seule ­ vraisemblablement ­ l'ouverture des archives du Parti communiste français et celles de Moscou relatives à cette préiode permettrait de mieux comprendre ce qui s'est en réalité passé. L'une des principales pièces à verser au dossier est ce câble envoyé à de Gaulle par les services spéciaux d'Alger le 30 août 1944 : « De source absolument sûre. Citation : après départ Boches, FTP prêts à prendre pouvoir Lyon ; préfet Boutemy pris contact avec eux, tenu gares et postes. FTP refusent reconnaître gouverneur militaire et tous officiers et fonctionnaires mandatés Alger, prétextant sentiments pas assez républicains. Troupes FTP déjà Lyon, estimons 1400 hommes constituant noyau. Liste suspects préparée, résultat certain sera plusieurs milliers de personnes fusillées. FFI, abandonnant Lyon, attendent troupes régulières pour reprendre ville. Il faut à tout prix coordonner tous efforts pour éviter massacre ». Autre pièce à verser au dossier : dans les semaines qui suivent, à Limoges, le responsable des Jeunesses communistes ­ Pierre Fougeyrollas ­ au cours d'une réunion avec deux autres « camarades » ­ le préfet Jean Chaintron et le célèbre chef des maquis Georges Guingouin ­ leur fait cette « extraordinaire suggestion»: « De Gaulle, c'est Kerenski. Il y a, à partir du Limousin et probablement dans d'autres régions, à Toulouse, Clermont-Ferrand, et dans la Provence ou la région de Marseille les forces suffisantes pour faire une marche sur Paris et remplacer le gouvernement bourgeois de Gaulle - Kerenski par le gouvernement bolchévique de Lénine-Thorez ».

Remplacer le gouvernement bourgeois... par le gouvernement bolchévique
... Rappelons pour mémoire que Kerenski, social-démocrate, avait présidé le premier gouvernement russe issu de la révolution qui avait détrôné le tsar Nicolas II. Kerenski ­ fidèle aux engagements russes ­ avait voulu poursuivre la guerre aux côtés des alliés. Les Bolchéviks ­ autour de Lénine et Trotski ­ l'avaient renversé et avaient signé une paix séparée avec l'Empire allemand. Alors rumeur sans fondement ? Intoxication ? Ou plan concerté mais abandonné après cent jours de pouvoir quasi sans partage ? Et dans quelles conditions ? Et pour quelles raisons ? En focntion de quels mots d'ordre ? Commençons par examiner la situation fin août, début septembre. Au nord de la Loire, le long du Rhône, les IIIe Armée américaine de Patton et la 1re Armée française de de Lattre foncent vers l'Alsace sur les pas de la Wehrmacht en plein reflux. Plus du quart des départements français ­ vingt-six départements ­ restent à l'écart des grands mouvements stratégiques militaires. « Entre la Loire, l'Atlantique, les Pyrénées et le Rhône, seules restent en présence les colonnes en retraite de la 1re Armée allemande commandée par Blaskowitz, des maquis qui les harcèlent et qui, peu à peu, s'emparent des pouvoirs de police, les autorités mises en place par Vichy qui se soumettent ou sont démises, les autorités clandestines désignées par Alger qui sont contestées et, enfin, une population en plein désarroi, soumise à la douche écossaise de la joie d'une libération foudroyante et de la terreur d'exactions de toutes sortes » (Marc Edouard dixit dans Les cents jours de la république rouge des maquis). Ces vingt-six départements sont pour la France libre répartis en cinq « Régions militaires » : la R6 délimitée au nord-est par Clermont-Ferrand, en contact direct avec la 1re Armée française de de Lattre, aux ordres exclusifs du général de Gaulle, ne pose pas de problème majeur de souveraineté. Il n'en va pas de même pour les quatre autres : la R5 (Limoges), la R3 (Montpellier), la R4 (Toulouse), la B (Bordeaux). Suivant les « messages personnels » diffusés de Londres par la BBC, les maquis ont déclenché l'application de trois plans d'opérations : le « plan vert » qui vise à déorganiser les moyens de transport de l'occupant ; le « plan bleu » qui prévoit de saboter l'ensemble du réseau de distribution de l'électricité ; le « plan Tortue » qui décrète la guérilla à outrance.

« La libération doit s'accompagner d'une révolution »
Ces plans sont appliqués avec une telle réussite que même les Américains ­ par la bouche de leur commandant en chef Eisenhower ­ reconnaîtront la part décisive prise par les maquis dans la phase finale de la Libération. Ceci posé, les maquis sont d'une extrême diversité : il y a ceux qui dépendent directement de la France libre ; il y a ceux qu'aide plus particulièrement l'Intelligence Service britannique ; il y a ceux qui privilégient les parachutages américains. Mais, dans le Sud-Ouest, les plus importants en nombre, les mieux armés, les mieux encadrés sont incontestablement les Francs-Tireurs et partisans (FTP) d'obédience communiste dirigés par Charles Tillon. Les FTP ont ­ dans ce secteur ­ fait alliance avec les maquis rouges des républicains espagnols que l'on retrouve un peu partout entre Loire et Pyrénées. Si leurs hommes n'ont pas forcément une perception très nette du devenir politique du pays et ­ en attendant ­ de la région, leurs chefs ­ tous communistes ­ savent ce qu'ils veulent : la libération doit s'accompagner d'une révolution politique, économique et sociale. Ces chefs s'appellent Guingouin à Limoges, « Docteur » à Bordeaux, Ravanel à Toulouse et c'est à eux que les Gaullistes devront se heurter pour imposer la légalité républicaine. Limoges et Toulouse sont considérés comme essentiels dans le dispositif d'une « république rouge » du sud-ouest. Tillon a en effet freiné les camarades de Bordeaux au moment où ceux-ci s'apprêtaient à passer à l'action : « Il faut attendre que Limoges et Toulouse soient pris pour proclamer la République des Soviets du sud de la France ». Il se trouve que Limoges est prise depuis le 22 août. Un homme y cumule tous les pouvoirs : Georges Guingouin, communiste depuis l'âge de 18 ans, qui a rompu dès 1940 avec la ligne du parti lorsque celui-ci glorifiait le pacte germano-soviétique. Il se veut le premier maquisard de France. En 1944, il dirige près de 14 000 hommes, est surnommé « le préfet du maquis ». Les dirigeants du PC clandestin prennent ombrage de sa popularité et envisagent même de ..le liquider ! En tous les cas, à la surprise générale et plus particulièrement à celle de ses camarades, Guingouin remet spontanément ses pouvoirs à un commissaire ­ naturellement gaulliste ­ de la République, tout en obtenant que le préfet de la Haute-Vienne soit le communiste, membre du Comité central, Jean Chaintron. Dans les années 50, la Parti communiste l'exluera pour « titisme, aventurisme et trotsko-hitlérisme » (sic).

« Il faut noyer les communistes dans la démocratie »
En attendant, de Gaulle est obligé de tenir compte des nouvelles alarmantes qui lui parviennent de toute la zone sud concernant les débordements des Francs-Tireurs et partisans et des milices patriotiques créées par le parti communiste. Il s'en va à Lyon, à Marseille, à Bordeaux, à Toulouse... C'est là qu'a lieu le choc le plus rude entre le chef de la France libre et les responsables FTP. Ravanel racontera plus tard : « On s'attendait à ce qu'il y ait une certaine fraternité. On s'attendait à ce qu'il s'adresse à nous comme à des hommes qui s'étaient battus. Qu'il y ait une petite affection, de la sympathie, des sourires, qu'on se tape un peu sur l'épaule... Et on voit arriver un homme très fermé. Il serre les mains à toute vitesse et on s'embarque aussitôt dans les voitures... ». Quelques instants plus tard, de Gaulle s'adresse à plusieurs dizaines de milliers de personnes place du Capitole. Pas un mot pour l'action des maquis sinon cette phrase lourde de sens en forme de réponse à la question : « Comment parvenir à rétablir la République, la démocratie et la grandeur de la France ? » : « Par l'autorité de l'Etat qui est la seule qui vaille, la seule qui puisse être admise, à partir du moment où les batailles en désordre ont cessé ». On l'aura compris : « les batailles en désordre », c'est pour les maquisards. Par la suite, en présence de tous les officiers FFI ou FTP couverts de galons (auto... décernés), de Gaulle se contente d'interroger : « Quel était votre grade dans l'armée ? » A Ravanel, avant de partir, de Gaulle lance : « Ici, c'est le désordre le plus effroyable. Il faut y remédier ! C'est fini ! Je vous envoie le général Collet qui va prendre le commandement de la région. Vous serez sous ses ordres ». Ravanel ne réagit pas. il sait qu'à Bordeaux comme à Limoges et à Montpellier les camarades du parti ont en main tous les atouts pour prendre le pouvoir. Qu'il s'agisse des FTP, des Forces françaises de l'intérieur (FFI) largement influencées par la propagande patriotique des communistes, des milices patriotiques, des gardes civiques, le PC a effectivement en main tous les atouts lui permettant de prendre le pouvoir au moins dans le sud-ouest. Or il ne le fera pas. Plusieurs explications sont avancées : les Américains n'auraient pas toléré une tentative insurrectionnelle. Le dessein de Staline n'aurait pas été de réaliser l'Europe de l'Atlantique à l'Oural, les pays de d'Est lui suffisant amplement... Quoi qu'il en soit, de Gaulle aura ­ dans cette affaire ­ fait montre d'un réel sens stratégique et tactique. Le 28 octobre 1944, le décret de dissolution des organisations paramilitaires du parti communiste est promulgué. Quelques jours plus tard, le 6 novembre, « le conseil des ministres du gouvernement provisoire de la République française vient d'accorder à Maurice Thorez le bénéfice de la grâce amnistiante. Le secrétaire général du parti communiste, en exil à Moscou depuis plus de quatre ans, pourra rentrer en France ». Thorez avait été condamné pour désertion en 1940... Au colonel Groussard, ancien commandant de l'Ecole de Saint-Cyr, de Gaulle explique : « J'ai ramené Thorez afin de me trouver en mesure de désarmer les milices patriotiques ». Avec le colonel Passy, il est encore plus explicite : « Dans ce pays qui compte à peu près un quart de communistes, je n'ai pas le choix. J'ai deux solutions : ou bien laisser renouveler les struxtures et porter à la tête du parti communiste un des chefs de leur résistance militaire, auréolé de prestige, ou bien ramener Thorez qui, à cause de l'affaire du départ de son unité, traînera toujours la casserole de la désertion ». A Jacques Soustelle, il confie : « Maintenant, il faut noyer les communistes dans la démocratie ». Le 30 novembre, Thorez, salué au Vélodrome d'hiver de Paris par les accents de la Sambre-et-Meuse, proclame : « Mener la guerre jusqu'au bout, jusqu'à Berlin. Voilà la tâche unique du moment, la tâche de tous les Français ». C'est l'enterrement officiel et définitif de la « République rouge des maquis du sud-ouest
».

Edouard Boeglin



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