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 Rwanda : des cadavres qui remontent à la surface.

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Fritz
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Date d'inscription : 24/09/2005

MessageSujet: Rwanda : des cadavres qui remontent à la surface.   Ven 9 Déc 2005 - 19:12

Bonjour à tous,


Le Rwanda remonte à la surface de plus en plus souvent :

Dépêche Reuters :

"Des témoins du génocide rwandais accusent l'armée française

PARIS (Reuters) - Six survivants du génocide de 1994 au Rwanda, déposant devant une magistrate française, ont accusé des soldats français d'avoir aidé les massacreurs à débusquer leurs victimes et d'avoir eux-mêmes commis des crimes, déclare leur avocat, Me William Bourdon [1].

Ces dépositions ont été recueillies au Rwanda par la juge Brigitte Raynaud, chargée par le parquet de Paris de mener des vérifications préliminaires après le dépôt de plaintes par ces six personnes en février dernier.

Me Bourdon a estimé que le parquet n'avait plus d'autre choix que d'ouvrir une enquête approfondie. "
L'ouverture d'une information judiciaire s'impose encore plus aujourd'hui. C'est plus qu'une confirmation des accusations initiales, c'est accablant", a-t-il dit à Reuters.

Les six témoins, cinq hommes et une femme de l'ehtnie tutsie, qui ont déposé plainte pour "
complicité de génocide et complicité de crimes contre l'humanité", mettent en cause des soldats français engagés dans l'opération Turquoise [...]

Dans leurs dépositions publiées en partie dans Le Monde daté de samedi, des plaignants accusent des militaires français d'avoir aidé les miliciens "Interahamwe", principaux auteurs du génocide, à agir dans le camp de réfugiés de Murambi, au sud de Gikongoro.

Les Français laissaient entrer ces miliciens et des gendarmes dans le camp
, a affirmé l'un d'eux. Ces miliciens désignaient des personnes que les militaires français auraient parfois tuées eux-mêmes au couteau. Les soldats français sont aussi accusés de viols.

Des prisonniers auraient par ailleurs été emmenés en hélicoptère par des Français vers une destination inconnue.

D'autres plaignants accusent des soldats français d'avoir, en juin à Bisesoro, incité plusieurs dizaines de milliers de Tutsis à sortir de leurs caches, avant que des miliciens hutus ne surviennent et ne les massacrent.

Depuis 1994, la France a été mise en cause par plusieurs ONG pour son soutien au régime responsable du génocide. [...]
"


[1] William Bourdon est un personnage-clé.
C'est un avocat spécialiste du droit pénal international.
Il a déjà gagné trois procès contre les présidents africains Omar Bongo (Gabon),
Idriss Déby (Tchad) et Denis Sassou N'Guesso (Congo-Brazzaville).

Il défend actuellement les personnes qui estiment avoir été victimes
d'une politique de travail forcé menée par Total en Birmanie.
Dans cette autre affaire, Total a payé Bernard Kouchner
pour établir un rapport au sujet du travail forcé,
rapport qui a blanchi la compagnie pétrolière.
Dans le cadre du procès actuel, Total a nié sa culpabilité,
mais a accepté de dédommager financièrement les plaignants.





Fritz.
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Fritz
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MessageSujet: L'affaire suit son cours...   Mar 13 Déc 2005 - 18:59

Bonjour à tous,


Dans le Figaro d'hier lundi 12 décembre 2005, un papier cosigné Saint-Exupéry/AFP :


"Rwanda: lourdes accusations contre des militaires français

A Kigali, la juge d'instruction Brigitte Raynaud du Tribunal des armées de Paris
a recueilli des dépositions, apparemment accablantes, de plaignants.

L'OUVERTURE d'une instruction judiciaire, après le dépôt au Tribunal des armées de Paris (TAP)
d'une plainte contre X pour «complicité de génocide», semble aujourd'hui inéluctable.
La teneur des témoignages recueillis, gravissimes puisque des militaires français
participant à l'opération «Turquoise», déclenchée en juin 1994 au Rwanda,
se voient accusés d'avoir assisté passivement à des exactions et même d'avoir tué des réfugiés,
ne laisse guère d'échappatoire.

Les dépositions des plaignants ont été enregistrées sur procès-verbal le 22 et 23 novembre
à Kigali par la juge d'instruction Brigitte Raynaud, du Tribunal des armées de Paris (TAP).
Six Rwandais, cinq hommes et une femme, ont alors confirmé leurs témoignages.
Reproduites en partie dans la presse, les accusations sont terribles.
«
Nous avons été assaillis et pourchassés par les miliciens et j'affirme que les militaires français
assistaient dans leurs véhicules à la scène sans rien faire»,
déclare Innocent Gisanura, 14 ans en 1994.

Un autre plaignant, Auréa Mukakalisa, une femme âgée de 27 ans en 1994,
assure avoir assisté aux événements suivants au camp de Murambi :
«
Des miliciens hutus entraient dans le camp et désignaient des Tutsis que les militaires français
obligeaient à sortir du camp. J'ai vu les miliciens tuer les Tutsis qui étaient sortis du camp.»

Réagissant à ces mises en cause, le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie,
a déclaré trouver «
inadmissible que les militaires français puissent être accusés de choses qui,
la plupart du temps, sont complètement farfelues».
Il devrait donc revenir à la justice de faire le tri entre de possibles «
éléments farfelus»
et d'éventuels éléments plus sérieux. Pour ce faire, l'ouverture d'une information judiciaire paraît s'imposer.

Pression sur la juge

Cette affaire est extrêmement sensible. Voici moins d'un mois, le ministère de la Défense
était directement intervenu auprès du juge Brigitte Raynaud, afin de la dissuader
de se rendre au Rwanda, où elle entendait, compléter et enregistrer sur procès-verbal
les témoignages déposés à Paris. L'ambassadeur de France à Kigali, Dominique Decherf,
avait alors dû intervenir pour rendre possible le déplacement du magistrat.

La plainte déposée le 16 février par deux avocats, Antoine Comte et William Bourdon,
vise l'opération «Turquoise», déclenchée en juin 1994, mais aussi
le rôle de Paris au Rwanda de 1990 à 1994, années durant lesquelles «
la présence française»
au Rwanda «
est à la limite de l'engagement direct»,
a constaté en 1998 une mission d'information de l'Assemblée nationale.
La plainte n'épargne pas les responsables au plus haut niveau de l'Etat français.
Une note, datant du 28 avril 1994 et émanant du conseiller Afrique de l'Elysée, est ainsi citée.
Tout comme une autre, datée du 6 mai 1994, rédigée par le chef d'état-major particulier (EMP) de François Mitterrand.
"


Cette fois, il va être plus difficile d'étouffer le dossier.

Les limiers ne sont plus des journalistes ou des associations,
mais un juge du tribunal des armées.

Au passage, je relève la formule-mystère employée par Michèle Allio-Marie :
les "choses qui, la plupart du temps, sont complètement farfelues».

L'URL :

http://www.lefigaro.fr/international/20051212.FIG0155.html?141714




Fritz.
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Fritz
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MessageSujet: Rwanda : l'information juduciaire a fini par être ouverte.   Mar 3 Jan 2006 - 17:45

Bonjour à tous,


Malgré les pressions de Michèle Alliot-Marie,
l'information judiciaire sur le génocide rwandais a finalement été ouverte.

AFP, 23 décembre 2005, 20:38 :

"Le procureur du tribunal aux armées de Paris (TAP) Jacques Baillet a ouvert vendredi soir
une information judiciaire contre X pour "complicité de génocide"
à la suite d'une plainte de rescapés rwandais
visant l'armée française, a-t-on appris de source judiciaire.

Six personnes, membres de la minorité tutsie, âgées de 25 à 39 ans, ont porté plainte contre X
pour "complicité de génocide et/ou complicité de crime contre l'humanité"
en février 2005 devant le TAP.


Les six plaignants entendus fin novembre par la juge d'instruction du TAP Brigitte Raynaud
avaient accusé des militaires français d'avoir, lors du génocide de 1994,
commis des viols, des meurtres, et laissé des miliciens hutus enlever des
réfugiés dont ils avaient la protection.
"



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Fritz
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MessageSujet: Deux plaintes retenues.   Jeu 23 Mar 2006 - 21:05

Bonjour à tous,


La procédure judiciaire concernant les actions de la France
par rapport au génocide rwandais se poursuit.

Deux des six plaintes contre X pour complicité de génocide ont été jugées
recevables par Jacques Baillet, le procureur du Tribunal aux armées.

Le Figaro du samedi 18 mars 2005 s'en fait l'écho.
Certains militaires français, présents sur les lieux du génocide à l'époque,
délient progressivement leurs langues :

Citation :

[...]la rage des soldats français, dégoûtés par l'accueil que leur réservent des tueurs
qui encensent Paris tout en arborant drapeaux bleu-blanc-rouge
et portraits de François Mitterrand
: «J'en ai assez de voir ces assassins nous acclamer»,
lancera l'un d'eux. [...] Le récit continue avec la découverte des rescapés de Bisesero.
A ces survivants, le colonel Diego fait une promesse :
«L'important pour vous, c'est de survivre encore deux ou trois jours.
On reviendra
.» Le soir, il transmet ses informations à l'état-major :
«Si on part là-haut protéger ces milliers de gens traqués comme des animaux,
on s'engage d'un côté, dit-il au Figaro. Nous, on est prêts.
Nous obéirons aux ordres. Mais sont-ils prêts à Paris ?
»

En 1998, une mission parlementaire d'information est mise sur pied.
Le rôle de la France au Rwanda des années 90 à 94,
«à la limite de l'engagement direct», est relevé.
[...]
Eu 1992, Thierry Prungnaud fut chargé de former au Rwanda
le Groupement d'intervention et de sécurité de la garde présidentielle (GISGP) :
«J'ai eu des renseignements comme quoi les gars que j'avais formés
avaient effectivement participé aux massacres (...) Ils étaient entraînés,
vraiment bien entraînés et je pense qu'ils ont dû massacrer
un maximum de personnes.
» Le soldat est formel, «catégorique» :
«C'étaient des militaires français qui ont formé des miliciens rwandais
Interrogé sur leur identité, il répond : «C'étaient des gens du 1er RPIMA
puisque c'était l'unité qui était là-bas.
» [...]

Dans sa décision d'ouvrir une information judiciaire, Jacques Baillet,
le procureur du Tribunal aux armées (TAP), a jugé recevables
deux des six plaintes. Ont été retenus les témoignages d'Innocent Gisanura
et d'Auréa Mukakalisa. [...] Innocent [...] avait 14 ans à l'époque. Il affirme [...]
«Les miliciens ne craignaient pas de tuer sous le regard des Français

Auréa avait 27 ans en 1994 et met en cause le comportement
des troupes françaises dans le camp de Murambi. Félicien, son frère,
a été tué, dit-elle, en voulant se réfugier dans ce camp.
Vestine, sa soeur, a été embarquée dans un hélicoptère français,
elle ne l'a jamais revue
: «C'était le temps de la mort des Tutsis,
dit-elle en évoquant sa soeur. Je pense qu'elle est morte.
»

[...]Eric Nzabihimana avait 28 ans en 1994 et était présent quand,
le 27 juin, la colonne de soldats menée par le colonel Diego
a découvert le drame. Il fait état de massacres qui recommencent
sitôt partie la colonne et les journalistes. Durant le mois qu'il va passer
dans le camp de Bisesero, sous protection française,
il relève une attitude ambiguë. Certains militaires français, dit-il,
vont priver les rescapés de nourriture plusieurs jours durant,
d'autres l'aideront activement à retrouver des survivants.[...]

Bernard Kayumba, 25 ans en 1994, était également à Bisesero le 27 juin.
Ancien séminariste, son histoire est étonnante. Le 5 juin 1992, affirme-t-il,
il assiste à la participation directe de la France dans le conflit rwandais :
«Du séminaire de Rutongo où j'étais, j'ai vu des artilleurs français tirer à Byumba.»
En octobre 1993, il subit un contrôle d'identité effectué par les troupes françaises
alors présentes au Rwanda. Interpellé car Tutsi, il est placé de côté.
Pense qu'il va mourir s'il est transféré aux mains des soldats rwandais.
Est sauvé in extremis par «l'intervention des passagers d'une voiture
du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui passait par là
par hasard
». En juin 1994, à Bisesero, il assiste à la rencontre avec
la colonne de Diego le 27 juin. Et témoigne, sur le mois qui suit,
d'un comportement pour le moins étrange de troupes françaises
empêtrées dans l'infernale l'équation : Tutsis = FPR (NDLR, la rébellion) = Ennemi.

[...] Citées dans la plainte déposée en février 2005, deux notes
établies les 3 et 6 mai 1994, en plein génocide, par le général Christian Quesnot,
alors chef de l'état-major particulier de François Mitterrand,
apportent des éléments. «Tous (les) efforts (du gouvernement français)
resteront vains si le FPR remporte une victoire militaire sur le terrain
et veut imposer la loi minoritaire du clan tutsi
», écrit le général avant de préciser :
«Le président (ougandais) Museveni et ses alliés auront ainsi constitué
un «tutsiland» avec l'aide anglo-saxonne et la complicité objective
de nos faux intellectuels, remarquables relais d'un lobby tutsi
auquel est également sensible une partie de notre appareil d'État.
Est-ce vraiment ce que nous voulons ?
»

Ces faits sont-ils constitutifs d'une «complicité de génocide» ?
La justice française devra trancher.

Le texte complet du papier de Patrick de Saint-exupéry est en ligne à :

http://www.lefigaro.fr/international/20060318.FIG000000614_le_role_de_la_france_au_rwanda_en_question.html


Fritz.
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