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 La stratégie américaine en Europe.

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Fritz
Admin


Nombre de messages : 147
Date d'inscription : 24/09/2005

MessageSujet: La stratégie américaine en Europe.   Jeu 24 Nov 2005 - 19:35

Bonjour Mauser,


Citation :
N'oublions pas que pour certains américains
leur politique étrangère est calquée sur celle de l' Angleterre
durant des siècles :
empêcher à tout prix la monté d'une puissance pouvant les contester.
Et ce par un jeu de bascule :
un coup pour les puissance centrale contre la France,
un coup dans l'autre sens.
En fait je vois biens les USA jouer une carte Pologne Ukraine
contre la Russie et l'Allemagne
Votre avis ?


Je réponds à ta question dans un nouveau fil,
car elle n'est pas uniquement liée à la politique étrangère de l'Allemagne.

Pour parler de la politique de Washington en Europe,
il faut faire un grand zoom arrière à l'échelle mondiale.

La politique étrangère américaine a été définie dans les années 90
par les Néo-Cons : c'est le New American Century,
ou "Nouveau Siècle américain".

Cette politique a pour but de répondre à la question :
"comment défendre les intérêts des Etats-Unis au XXIe siècle ?"
A cette question, le New American Century répond de la manière suivante :
"Si les Etats-Unis occupent une suprématie stratégique
incontestée à l'échelle planétaire, alors ils auront en permanence la possibilité
d'assurer la pérennité de leurs intérêts."
Comment le "Nouveau Siècle américain" compte-t-il assurer
cette suprématie stratégique mondiale ?
Essentiellement en "prenant le contrôle des ressources pétrolières mondiales,
et en premier lieu en prenant le contrôle des voies d'approvisionnement en pétrole".

L'invasion de l'Irak, la foire d'empoigne avec Chavez, l'affaire Ioukos, la guerre en Afghanistan,
les Révolutions oranges, le Big Game en Asie centrale, les pions discrètement poussés
en Afrique noire, tous ces événements ne sont que des avatars d'une seule et même politique.

Or, cette politique s'est heurtée a de redoutables adversaires,
au premier rang desquels la Russie et la France, à qui s'est jointe
l'Allemagne de Gerhard Schröder.

Un "Axe Paris-Berlin-Moscou" s'est dessiné, aux contours sans doute plus flous
que ne le prétendent les médias, mais axe tout de même.
Cet axe a bon an, mal an, réussi, sinon à mettre en échec la géostratégie états-unienne
depuis le Golfe de Guinée jusqu'aux confins de la Chine, du moins à la compromettre gravement.

Sur le front européen, Washington a contre-attaqué en suralimentant son influence en Europe,
en Angleterre, en Espagne, au Portugal, mais essentiellement dans les Pays baltes, en Pologne et en Ukraine.

Résultat du choc des blocs : le gazoduc géant de la mer baltique,
qui reliera directement la Russie à l'Allemagne, sans passer
ni par les Pays baltes, ni par la Pologne. Un projet qui a déclenché
l'hystérie des capitales ainsi rejetées sur le côté de la route.
La Russie fournit le gaz, qui passe par l'Allemagne et alimente
entre autres la France, dont 75 % du gaz vient de Russie.

Inutile de dire qu'une telle gifle envers la Maison-Blanche
ne pouvait provoquer qu'un soutien inconditionnel états-unien
aux Atlantistes allemands, dont Angela Merkel est le nouveau porte-étendard.
Un retournement de l'Allemagne constituerait un coup très dur
à la colonne vertébrale de la résistance aux intérêts américains de la Baltique à la Caspienne.

C'est ce qui pourrait bien être en train de se produire.

Je ne pense pas que la Maison Blanche va jouer les balanciers.
Ses adversaires sont identifiés : la France, la Russie et la Chine.
Pour des raisons respectives différentes, les intérêts de ces pays
divergent fondamentalement et durablement de ceux de Washington.

Je pronostique plutôt un affrontement durable entre ces puissances,
affrontement dans lequel les Etats-Unis choisiront systématiquement
le camp opposé à ceux des trois pays.

Et donc, pour ce qui est des pays européens, une politique de soutien à géométrie variable,
non tant pour éviter l'émergence, peu probable, d'un pôle anti-américain intra-européen,
que pour faire contrepoids à des adversaires qui resteront toujours les mêmes :
la France et la Russie.





Fritz.
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