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 La stratégie de l'Allemagne.

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Fritz
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Nombre de messages : 147
Date d'inscription : 24/09/2005

MessageSujet: La stratégie de l'Allemagne.   Dim 16 Oct 2005 - 20:03

Bonjour à tous,


Un épais mystère plane depuis l'aboutissement
des négociations SPD-CDU consécutives
aux élections allemandes.

Je veux parler la pomme de discorde la plus sérieuse
qui oppose le SPD et le CDU, à savoir
la politique étrangère de l'Allemagne.

Gerhard Schröder vient de signer avec Moscou
un accord gazier pharaonique qui a provoqué
une crise d'hystérie chez les alliés de Washington
en Europe, Pologne en tête.
L'attachement du chancelier aux relations avec la France
est un euphémisme, tout comme sa méfiance
vis-à-vis de la stratégie états-unienne.

Face à lui, Angela Merkel, protestante évangélique
comme George W. Bush, et partisane déclarée de la guerre en Irak,
fait plutôt les yeux doux à Washington.
Elle est par ailleurs très proche de Nicolas Sarkozy,
un atlantiste musclé qui la tient en haute estime.

Au-delà de débats économiques au sujet desquels
ni le CDU ne le SPD ne peuvent faire grand-chose,
l'incertitude la plus profonde des élections allemandes
est bien la future politique internationale du pays.

Gerhard Schröder ne s'y est pas trompé,
et s'est battu comme un chien enragé pour obtenir
des garanties d'une rivale en qui il voyait
semble-t-il, un danger bien réel.
L'âpreté des négociations "entre huit yeux",
comme ont dit les média, a confirmé
l'ampleur des enjeux.

Les points remportés par un chancelier vaincu
mais exceptionnellement combatif sont
autant de trophées arrachés de haute lutte.
L'obtention, justement, du ministère des Affaires étrangères,
en est le point d'orgue.

Il est limpide que les néo-conservateurs états-uniens
espéraient une victoire nette de la droit allemande,
en laquelle ils voyaient la promesse d'une remise en cause
de l'axe Paris-Berlin-Moscou,
et évidemment un renforcement considérable
de la position stratégique américaine en Europe.

Or, étrangement, les médias se montrent extrêmement
timides sur ce sujet. Le Monde du mercredi 12 octobre,
qui consacre pourtant une pleine page au partage du pouvoir
entre les deux grandes formations politiques d'Outre-Rhin,
ne cite même pas le nom du nouveau ministre des Affaires étrangères.

Pourtant, la guerre était déclarée au sujet de la patate chaude
de la politique internationale allemande.

Jacques Chirac, après avoir téléphoné au chancelier sortant,
a souligné "l'élan exceptionnel donné aux relations
entre nos deux pays sous l'impulsion du chancelier[...]
".

Angela Merkel, elle, ne l'entendait aps de cette oreille,
et a déclaré : "Je suis convaincue que de bonnes relations
transatlantiques sont une tâche importante
et qu'elles sont dans l'intérêt de l'Allemagne.
"

Mais la nouvelle chancelière a beau incanter,
le ministère des Affaires étrangères lui a bel et bien échappé.

Washington, d'ailleurs, n'a pas caché sa contrition
en déclarant laconiquement : "Nous avons une étroite relation
avec l'Allemagne [...] et nous espérons poursuivre cette coopération
avec le nouveau gouvernment
."

Le chancelier sortant a remporté une victoire
d'une portée historique majeure.
Cette victoire, inespérée compte tenu du verdict des urnes,
relève tour de force, mais elle est acquise.

Etonnamment, la frilosité des médias sur ce dossier semble
directement proportionnelle à l'enjeu, comme si le sujet
était tabou.

Au vrai, que va-t-il se passer exactement ?
Merkel va-t-elle digérer sa défaite et chercher des succès
en politique intérieure, laissant l'Allemagne
poursuivre sa route dans son jeu actuel d'alliances
stratégiques ?

Ou au contraire revenir à la charge et tenter
d'infléchir la vapeur ?

Les journalistes sont muets comme des tombes
sur ce sujet.

Qu'en pensez-vous ?





Fritz.
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Fritz
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Nombre de messages : 147
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MessageSujet: Réponse : Merkel attaque.   Mer 23 Nov 2005 - 19:58

Bonjour à tous,


Le Figaro, qui avec sa nouvelle formule, commence à nous habituer
à une qualité d'information qui sort du lot, est une fois de plus
le premier à lever le lapin.

Un papier dans l'édition de ce matin lève enfin le voile sur
la politique étrangère de la grande coalition version 2005.

Le Figaro indique que la politique allemande sera décidée
d'une manière bicéphale par Angela Merkel et par son ministre
des Affaires étrangères, le très schröderien Frank-Walter Steinmeier.

Cet équilibre pourrait toutefois se révéler bancal,
car il a été convenu qu'en cas de litige, c'est la voix de la première
qui devrait avoir prééminence.

Politesse oblige, la première visite du tandem sera tout de même pour Paris.
Mais qu'on ne s'y méprenne : d'après le Figaro, cette visite restera très protocolaire,
car l'atlantiste chancelière ne tient guère à établir de liens très forts avec l'Elysée.

C'est le reste de la tournée qui lui donne son sens :
A peine la chancelière et son ministre auront-ils pris congé du président français
qu'ils se précipiteront à Bruxelles pour prendre langue avec deux atlantistes purs et durs :
Jose Manuel Barroso et Jaap de Hoop, secrétaire général de l'OTAN.

Dans la foulée, la chancelière se rendra directement à Londres, seule.
Puis, à nouveau avec Frank-Walter Steinmeier... à Varsovie.
L'escapade suivante dans l'agenda est Washington.

Barroso, l'OTAN, Londres, Varsovie, Washington... le message est assourdissant :
Merkel, connue pour son aversion pour "l'Axe Paris-Berlin-Moscou",
souhaite la rupture avec la politique de distance
vis-à-vis des USA et abat ses cartes sans perte de temps.
La chancelière estime que "Vis-à-vis des Etats-Unis,
l'Europe doit se considérer non comme un contrepoids, mais comme un partenaire"
.
Aucune visite à Moscou n'est d'ailleurs programmée.

Conclusion provisoire : à moins que le ministre des Affaires étrangères allemand
ne réagisse face au rouleau compresseur Merkel,
Washington aura remporté, avec les élections allemandes,
la plus éclatante victoire de l'ère Bush.

L'Histoire retient son souffle.

Jacques Chirac le prestidigitateur saura-t-il troubler
la belle assurance de la chancelière ?
Frank-Walter Steinmeier saura-t-il réagir à ce KO debout
que le inflige sa patronne ?
Ou bien l'étendard néo-con peut-il d'ores et déjà flotter
fièrement sur la Porte de Brandenburg ?





Fritz.
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Mauser



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Date d'inscription : 06/10/2005

MessageSujet: Re: La stratégie de l'Allemagne.   Jeu 24 Nov 2005 - 10:53

Bnjour Fritz
Mon idée est qu'elle va temporiser jusqu'à l'élection US
après tout dépendra du remplaçant de bush Si celui-ci
est dans la même ligne l'on va droit au conflit ouvert
en Allemagne entre les deux formations
N'oublions pas que pour certains américains leur politique
étrangère est calquée sur celle de l' Angleterre durant des
siècles empêcher à tout prix la monté d'une puissance
pouvant les contester Et ce par un jeu de bascule un coup
pour les puissance centrale contre la France un coup dans
l'autre sens En fait je vois biens les USA jouer une carte
Plogne Ukraine contre la Russie et l'Allemagne
Votre avis ?
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Thermic



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MessageSujet: Re: La stratégie de l'Allemagne.   Jeu 24 Nov 2005 - 21:18

Bonjour Mauser,



Vous me retirez presque les mots de la bouche. Malgré la symbolique que l’on pourrait être tenté de voir avec une toute première visite à l’étranger réservée à la France la tentation de casser l’axe Paris-Berlin est bel et bien présente. L’alternative naturelle à cet axe de force vieux de 20 ans passe par l’Angleterre et l’Italie renforcées par la Pologne et la Lituanie. Il faut y ajouter Bruxelles et ses multiples institutions largement dominées par les néocons.

Si pour l’instant aucune nouvelle carte n’est encore dessinée il faut reconnaître « une qualité » aux néocons: ils ne s’avouent jamais vaincus et remettent sans cesse l’ouvrage sur le métier. Ce qui se passe pour l’instant aux confins de l’Europe, en Azerbaïdjan, est là pour nous le rappeler (1).

Pourtant c’est cette même obstination des néocons qui pourrait contraindre Merkel à ne pas remettre en cause le gigantesque contrat gazier du pipeline de la Baltique. L’Ukraine fête pour l’instant le premier anniversaire de sa révolution orange. Notre presse est bien obligée de rapporter et fêter l’évènement. Elle le fait avec une grande bienveillance pour Iouchtchenko qui proclame que si les résultats économiques n’ont pas été à la hauteur des espérances il n’en reste pas moins que la liberté, la démocratie et la transparence politique sont bel et bien acquises.
A voir ! C’était taire qu’à la veille des commémorations de nombreux opposants ont été arrêtés, que toute manifestation autre qu’orange était interdite et que malgré cela des manifestants ont bombardé d’œufs la résidence de Iouchtchenko.
C’est surtout taire que le pouvoir d’achat s’est effondré et que les négociations sur le transit et la tarification du gaz depuis la Russie sont au point mort. La Russie a très logiquement décrété qu’elle ne financerait pas la révolution orange en maintenant un prix du gaz réservés aux pays partenaires de l’ex-bloc de l’URSS. La Russie entend aussi mettre un terme aux « pertes de gaz » sur le réseau ukrainien. Cela fait des mois que ça dure et les deux parties campent sur leurs positions. L’impasse est totale.

Si aucun accord n’est trouvé par où passera le gaz destiné à une Allemagne qui en dépend fortement ? C’est précisément pour ne plus être tributaire de la rapacité des pays de l’ex-URSS passés à l’Ouest que Gerhard Schröder avait ratifié cet accord historique à la dernière seconde. Ces pays ne s’y sont pas trompés puisque la Lituanie, pays trouble par excellence, a été jusqu’à déclarer que le double gazoduc de la Baltique menaçait sa sécurité nationale. Quelques ONG écolos sont sur la brèche et répètent à qui les écoute que la menace est grave et sérieuse. De son côté la Russie rappelle que le fond de la Baltique descend rarement sous les 70m et qu’il n’y a pas d’activité sismique dans la région. En comparaison le gazoduc Blue Stream qui relie la Russie à la Turquie pour desservir l’Italie passe par plus de 2000 mètres de profondeur à travers un versant continental penché à 45° dans une zone de haute sismicité (2).


Il est assez amusant de constater que des pays comme l’Angleterre mais aussi la Hollande se sont ralliés au projet de la Baltique en dernière minute. La solidarité avec la Pologne a malgré tout ses limites. Finalement ces pays devront passer par la Belgique dont le port de Zeebrugge servira de terminal.
Peut-on imaginer une interruption des fournitures de gaz à l’Allemagne si aucun accord n’est trouvé entre l’Ukraine et la Russie ? Il resterait le couloir polonais tout aussi peu sûr. De plus l’importance du contrat de construction du gazoduc de la Baltique pour l’industrie allemande il se pourrait bien que les industriel allemands obligent Angela Merkel à sécuriser l’approvisionnement énergétique de l’Allemagne.

Enfin, pour clôturer, je constate quand même que moins de 24 heures après sa visite en France Angela Merkel déclarait à Bruxelles depuis le siège de l’Otan que «L'Otan doit être le lieu où les gens se tournent en premier, où les États membres se tournent en premier, pour discuter des questions politiques et de sécurité d'intérêt commun ». Voici qui va radicalement à l’opposé d’une force européenne forte et autonome telle que la voulaient Chirac et Schröder. Peut-on être plus clair ?




Th.




Les menaces réelles et imaginaires du Gazoduc nord-européen
http://fr.rian.ru/analysis/20051118/42141399.html

notes :
1) Au début de la campagne électorale l’Azerbaïdjan a été secoué par quelques attentats. Les autorités n’ont pas incriminés les islamistes. Le parti du président a remporté le scrutin et depuis l’opposition largement battue manifeste. Mais elle n’est pas réellement relayée par la population. Il faut dire que contrairement au parti Yeni du président cette opposition est favorable à l’implantation d’une « base mobiles US » qui serait un élément important d’une « police de la Caspienne » voulue par Washington. Cette force entrerait probablement en concurrence avec une autre force de stabilisation crée par les pays de la Caspienne et la Russie.
L’Azerbaïdjan a une situation géographique particulière : il sépare l’Iran de la Russie et sert de pays de transit à de nombreux pipelines. La révolution de Georgie avait déjà fait tomber une partie du couloir nord sud. Avec l’Azerbaïdjan ce couloir serait coupé une fois pour toute.

2) La Turquie ambitionne de devenir le principal centre de transit à destination de l’Europe. La construction d’un autre gazoduc reliant Ceyan à ….. devrait y contribuer. Cela est à mettre en parallèle avec les centres de traitement du pétrole irakien. Cette concentration devrait fournir à la Turquie d’importants leviers politiques probablement destinés à faciliter son adhésion à l’UE.
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Thermic



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Date d'inscription : 18/09/2005

MessageSujet: Des relations au point mort ?   Sam 26 Nov 2005 - 23:34

Bonsoir,


Certaines dépêches en disent parfois bien plus qu'un long discours. En voici une qui complète ce que nous disions:


Le président russe et la chancelière allemande se sont entretenus des relations bilatérales
16:14 | 25/ 11/ 2005


MOSCOU, 25 novembre - RIA Novosti. Vladimir Poutine et Angela Merkel se sont entretenus vendredi par téléphone de la coopération bilatérale, annonce le service de presse du Kremlin.

Le chef de l'Etat russe a transmis ses félicitations à Mme Merkel à l'occasion de son accession à la Chancellerie et lui a souhaité plein succès dans ses activités.

Angela Merkel a assuré le président russe que les relations russo-allemandes ne perdraient pas de leur intensité. Les deux dirigeants ont parlé des prochaines rencontres aux différents niveaux, y compris au sommet, et ont exprimé leur volonté de maintenir des contacts réguliers.

L'entretien téléphonique a eu lieu sur l'initiative de la partie russe.

http://fr.rian.ru/world/20051125/42217503.html


Malgré cette froideur politique délibérée (et fort maladroite) je pense qu'Angela Merkel ne tardera pas à se faire sonner les cloches par une cohorte d'industriels furieux. A commencer par les géants Siemens et EOn.



Th.
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Fritz
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MessageSujet: La construction du pipe-line a commencé.   Ven 9 Déc 2005 - 16:41

Bonjour à tous,


Ca y est, la construction du pipe-line a déjà commencé.
Ils n'ont pas perdu de temps.

AFP :

"La Russie lance la construction du gazoduc nord-européen


BABAIEVO (AFP) - Le premier tube du futur gazoduc germano-russe qui doit relier
les gisements de gaz de la Russie à son principal client européen en passant sous la Baltique
a été posé vendredi à Babaïevo, dans le nord-ouest de la Russie.

"
Aujourd'hui, nous donnons le coup d'envoi à un projet européen grandiose, un chantier grandiose.
C'est une nouvelle route d'exportation qui augmentera la sécurité énergétique en Europe",
a déclaré le patron de Gazprom, le géant gazier russe, Alexeï Miller.

"
En lançant ce projet, nous créons des conditions pour la sécurité énergétique dans le monde[...],
a renchéri le Premier ministre russe Mikhaïl Fradkov, saluant "
le premier pas fait sur un chemin de 1.200 km".

Le chef du gouvernement a rappelé que les tubes du gazoduc étaient fabriqués en Russie
par des entreprises russes.

[...]

La cérémonie à Babaïevo, à environ 450 km au nord de Moscou, a marqué le début de ce projet ambitieux
qui doit relier sur presque 1.200 kilomètres sous la Baltique le terminal russe de Vyborg à Greifswald,
dans le nord-est de l'Allemagne.

Ce projet, qui doit fournir une solution alternative au transit du gaz russe par l'Europe de l'Est
moyennant plus de 4 milliards d'euros d'investissements, a déclenché des protestations nourries
en Pologne et dans les Etats baltes.

En construisant un gazoduc qui contournera les pays baltes et la Pologne, la Russie pourra imposer
"
des prix de gaz de monopole" et "avoir une influence sur la politique de ses voisins",
avait déclaré l'ancien président lituanien Vytautas Landsbergis.

La nouvelle chancelière allemande Angela Merkel a tenté de désamorcer ces critiques la semaine dernière
en promettant la création d'un groupe de travail incluant la Pologne, tandis que Gazprom a suggéré
qu'il pourrait accueillir un troisième groupe européen pour participer à ce projet.

Le consortium chargé du projet inclut à présent Gazprom avec une part incompressible de 51%
et les allemands BASF (Xetra: 515100 - actualité) et EON (Xetra: 761440 - actualité)
qui disposent chacun de 24,5% d'une société commune qui sera chargée de construire le gazoduc.
"





Fritz.
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Thermic



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MessageSujet: Signe fort   Ven 9 Déc 2005 - 19:33

Bonjour Fritz,



Dés que l’on aborde les questions énergétiques il devient difficile de dissocier les affaires de l’Ukraine de celles de l’Allemagne. L’interminable querelle entre la Russie et l’Ukraine relative aux prix du gaz n’en fini pas. Pourtant le dossier qui était au point mort depuis des mois semble s’être partiellement débloqué depuis le passage de C. Rice à Kiev, juste avant qu’elle n’arrive à Bruxelles pour assister à la conférence de l’OTAN.

Au cours d’un entretien téléphonique Ioutchenko aurait donné son accord de principe à Vladimir Poutine pour une libéralisation des prix du gaz russe. Tant celui qui est destiné à l’Ukraine que celui qui y transite à destination de l’Allemagne. Mais quelques heures plus tard force était de constater que les deux parties restent loin de s’entendre.

Entre-temps l’Allemagne qui a tout à craindre d’un blocage de la situation met les bouchées doubles. Et si Angela Merkel reste muette sur le dossier ce n’est pas le cas de Gerhard Schröder qui lance un signe fort.


Gerhard Schröder à la tête des actionnaires de l'entreprise russo-allemande chargée du projet GNE

BABAIEVO (NORD-OUEST DE LA RUSSIE), 9 décembre - RIA Novosti. L'ancien chancelier Gerhard Schröder présidera le comité des actionnaires de l'entreprise russo-allemande chargée du projet Gazoduc Nord-Européen (GNE), a déclaré à la presse vendredi Alexeï Miller, patron de Gazprom.
Selon lui, l'organe suprême du holding russe comprendra un conseil des actionnaires et un comité des actionnaires. Il a été proposé à Gerhard Schröder de diriger ce dernier.
A partir du 1er janvier 2006, M.Schröder est nommé conseiller personnel du chef de la maison d'édition Rincer (Suisse) pour la politique internationale


http://fr.rian.ru/world/20051209/42414654.html



Th.


Dernière édition par le Jeu 22 Déc 2005 - 9:16, édité 1 fois
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Thermic



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MessageSujet: L'Allemagne prend ses distances avec la France.   Jeu 22 Déc 2005 - 9:14

Bonjour,



Depuis l'accession d’Angela Merkel au pouvoir il était clair pour tout le monde que l’axe Paris-Berlin qui fut durant de longues années le principal moteur de l’Europe serait remis en question. Les choses n’ont pas tardé, c’est chose faite aujourd'hui.

Profitant de son premier succès diplomatique européen Angela Merkel a annoncé la couleur on ne peut plus clairement : l’Allemagne entend redevenir le moteur de l’UE. Pour ce faire elle entend prendre ses distances avec ce boulet qu’est la France. Au moins jusqu’aux élections de 2007. Son entourage le dit clairement: le problème c’est Chirac ! Et bien qu’elle ne l’ait pas précisé on comprend qu’elle attend Sarkozy.

J’imagine aussi que d’ici là l’Allemagne réévaluera son partenariat avec les autres grands européens et je pense immédiatement à cet autre axe de force en Europe (je refuse de dire « européen ») constitué par l’Angleterre et l’Italie auquel se rattacheront au moins la Pologne et les pays Balte. Il y a quelques mois j’aurais ajouté la Hollande à la liste mais ces derniers temps la situation intérieure de ce pays évolue rapidement. En bien je crois.

Enfin, last but not least, Angela Merkel essaie de nous repasser le plat indigeste d'une Constitution Européenne qu'elle juge très positive. Fallait oser !
La loi Bolkenstein relative à la libéralisation des services ayant déjà été revotée en douce j'estime qu'elle a des chances d'y parvenir.

Je vous reproduis ci-dessous un article du Monde qui vaut le détour.


Thermic.



L'Allemagne entend redevenir le "moteur de l'Europe"


L'euphorie du succès remporté au conseil européen de Bruxelles s'estompe à Berlin. Certes, la chancelière Angela Merkel a fait une entrée réussie, en fin de semaine dernière, en faisant sortir de l'ornière les négociations sur le budget de l'Europe élargie. Mais son entourage n'ignore pas que les conditions étaient favorables.

Les autres pays, Royaume-Uni et France en tête, étaient demandeurs d'un débloquage de la situation. "Mme Merkel a dépensé beaucoup de temps et d'énergie à préparer le terrain" depuis son entrée en fonctions, le 22 novembre, indique un conseiller. La chancelière souhaite redonner à son pays le rôle de "moteur de l'Europe".

Sa stratégie, consistant à jouer la médiatrice ferme mais attentionnée, suffira-t-elle à relancer une Union européenne (UE) plongée dans la crise par les non français et néerlandais à la Constitution européenne ? "Plus qu'un rôle d'intermédiaire, il faudrait que l'Allemagne joue celui de leader, au moment où la France se trouve dans une position plutôt faible jusqu'à l'élection présidentielle de 2007", note Martin Koopmann, chercheur à la Société allemande de politique étrangère (DGAP).

Selon lui, Mme Merkel en est consciente. "Mais personne à Berlin ne croit qu'on trouvera des solutions aux problèmes à long terme de l'UE — son approfondissement et son élargissement — avant le scrutin français", qui tombera en pleine présidence allemande de l'UE, au premier semestre 2007.

En attendant, la chancelière, qui peut s'appuyer sur une équipe aux fortes convictions européennes et franco-allemandes, réfléchit à la manière de ne pas enterrer la Constitution, alors que cette tentation existe dans diverses capitales. "Cette Constitution a tellement d'éléments positifs qu'on ne doit pas l'abandonner comme cela", déclare Mme Merkel, mercredi 21 décembre à la Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Pour ne pas représenter tel quel un traité rejeté par référendum dans deux pays fondateurs de l'UE, Mme Merkel envisage de lui adjoindre un "protocole" soulignant la dimension sociale du projet.

Cette hypothèse a été évoquée par la chancelière en marge d'une réunion du Parti populaire européen, le 15 décembre. "L'idée est de répondre au mécontentement manifesté par les Français et les Néerlandais", précise un des participants, Peter Hintze, secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes au ministère de l'économie. Selon lui, "la discussion n'en est toutefois qu'à un stade préliminaire", explique-t-il, en nuançant les affirmations du Handelsblatt.

Selon ce quotidien, un tel protocole social, au caractère non contraignant, serait ajouté au traité constitutionnel, qui resterait en l'état. A Berlin, on attend avec curiosité les propositions "ambitieuses" promises par Jacques Chirac en vue de réformer les institutions. Mme Merkel en aura peut-être la primeur lors de sa prochaine visite en France, en janvier.


Antoine Jacob

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-723426@51-721776,0.html
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Thermic



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MessageSujet: Le Grand Echiquier   Lun 26 Déc 2005 - 14:17

Bonjour,


Je ne m'en étais pas rendu compte directement mais l'attitide de Merkel correspond pile-poil à celle qui a été définie puis mise en application par Zbigniew Brzezinsky. En clair il faut une Allemagne forte ert dominante qui s'appuie surt Paris. Il ne faudrait quand même pas que l'Allemagne soit "trop" forte !
La France ne peut pas mener le couple parce qu'elle a trop souvent fait la preuve de sa volonté d'indépendance et est globalement moins favorable à Washington.

Aujourd'hui ce livre a près de 10 ans mais il reste pleinement d'actualité.
Les révolutions orange (Yougoslavie incluse), le rôle de l'Allemagne, le roll-back en Asie centrale, region clef qui deviendra ou ne deviendra pas le point de rencontre et d'union entre la Chine, l'Inde et la Russie. Le besoin d'isoler l'Iran de cette partie du monde. Tout y est. Ce bouquin n'a pas pris une ride. Si quelques points de détails ne sont plus valables aujourd'hui l'essentiel reste valable.


Un court résumé:
http://www.ptb.be/doc/em45/echiquier.htm
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MessageSujet: Re: La stratégie de l'Allemagne.   

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