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 Dialogue de sourd entre l'OTAN et la Russie

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Thermic



Nombre de messages : 58
Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 18/09/2005

MessageSujet: Dialogue de sourd entre l'OTAN et la Russie   Ven 11 Mai 2007 - 1:14

Bonjour,



Depuis quelques temps la Russie se plaint, avec raison, des poussées expansionnistes des pays de l'OTAN. L'implantation de deux bases américaines d'interception de missiles balistiques aux frontières de la Russie dans deux pays, la Slovaquie et la Pologne, qui faisaient jadis partie de son espace stratégique est la goutte qui a fait déborder le vase.

Ces bases sont officiellement destinées à protéger l'Europe et les EU d'éventuels missiles iraniens ou, mais c'est encore plus improbable, nord coréens. Elles ne seraient en tous cas nullement dirigées contre la Russie.
Il suffit pourtant de prendre une mappemonde pour se rendre compte de l'absurdité des arguments développés par l'administration US puis repris par les Européens eux-mêmes.

Ce chorus des Européens est d'autant plus incompréhensible qu'à l'heure actuelle les Iraniens possèdent des missiles Shahab 3 d'une portée de 1300 km qui sont capables d'atteindre le sud de l'Europe. Or l'implantation des nouvelles bases ne couvre pas cette partie de l'UE. Cela fut confirmé par Nicholas Burn secrétaire d'Etat adjoint américain aux affaires politiques lors d'une interview "en ligne" avec les internautes du journal le Monde.

Après différentes mises en garde et menaces les différentes parties devaient se réunir à Bruxelles aujourd'hui afin de tenter d'appaiser la crise. Il n'en a rien été. On assiste au contraire à un dialogue de sourd.

Au sortir de la réunion le général Balouïevski a tenu une conférence de presse. Ambiance:


-----------

Le chef d'état-major russe estime que le traité FCE est en grand péril
10.05.07 | 20h32

AFP


Le chef d'état-major de l'armée russe, le général Iouri Balouïevski, a estimé jeudi à Bruxelles que le traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE) suspendu fin avril par son pays était effectivement menacé de mort.

"Aujourd'hui, je peux dire que le traité est sur le point de succomber", a-t-il dit à la presse à l'issue d'une réunion avec ses collègues des 26 pays de l'Otan, ajoutant : "mais ce n'est pas ce que la Russie voulait".

Le 3 mai, le vice-Premier ministre russe Sergueï Ivanov a indiqué que la Russie n'informerait plus désormais les Alliés des mouvements de ses troupes après la remise en cause du traité le 26 avril par le président Vladimir Poutine, estimant que l'Otan ne le respecte pas.

Selon le colonel Brett Boudreau, porte-parole du chef du comité militaire de l'Otan, l'officier russe n'est cependant "pas entré dans le détail" des mesures qui pourraient traduire concrètement l'intention russe de suspendre l'application du traité, puis, faute de progrès, de s'en retirer.

Les chefs d'état-major des pays de l'Alliance ont de leur côté réaffirmé que le traité FCE restait "une pierre angulaire" de la détente en Europe, a-t-il dit.

Le général Balouïevski a rejeté la responsabilité de cette situation sur les Occidentaux, qui, "contrairement à la Russie", n'ont pas ratifié la version révisée de ce traité.

Le traité FCE, signé en 1990, est entré en vigueur en 1992. Marquant la fin de la Guerre froide, il a encadré la réduction des forces armées et des équipements classiques des deux Blocs, et donc leur plafonnement, prévoyant des mesures de confiance (annonce des grandes manoeuvres) et de transparence (inspections réciproques).

En raison de la disparition de l'URSS et du Pacte de Varsovie, il a été "adapté" à Istanbul en 1999. La Russie a ratifié cette nouvelle version, mais pas les pays de l'Otan, qui exigent qu'au préalable les troupes russes aient totalement évacué la Géorgie et la Moldavie, deux anciennes Républiques soviétiques.

Le général Balouïevski a longuement énoncé devant les journalistes la liste des mesures prises par la Russie pour se conformer aux "engagements d'Istanbul".

Il a mis en exergue le fait que de leur côté les quatre derniers membres de l'Otan -les trois Etats-baltes et la Slovénie- n'avaient eux même pas ratifié la version de base du traité.

"Nous n'avons pas été entendus et le moratoire sur le traité CFE "proposé par M. Poutine a jeté le trouble", a-t-il noté en conclusion, espérant que cette "décision "pourrait au moins pousser" les pays de l'Otan à ratifier enfin la version adaptée du traité.

"En ce qui nous concerne, l'idée que nous violons" l'accord "est inacceptable", a déclaré un responsable de l'Otan.

"La Géorgie n'est pas un sujet d'inquiétude pour nous; il y a eu des progrès", a-t-il reconnu. La Russie, comme l'a rappelé jeudi le général Balouïevski, doit retirer ses dernières troupes de ce pays courant 2007.

"Le problème,c'est la Moldavie", a poursuivi le responsable, affirmant que les Russes ont stoppé tout retrait du territoire de Transdniestrie depuis 2004.

"Les vieux arguments" de la Russie "ne changent rien à la réalité", a-t-il estimé.

Quant aux bases mises à la disposition des troupes américaines par la Roumanie et la Bulgarie en 2006, elles sont hors sujet, parce qu'elles ne sont pas permanentes et ne prévoient que le déploiement ponctuel de quelques milliers de soldats, a-t-il estimé.

--------------


Je ne cesse de ma demander pourquoi l'Europe s'aligne avec autant de facilité sur des positions qui vont à l'évidence à l'encontre de ses intérêts.
Si toutes ces démarches peuvent se comprendre du point de vue américain il n'en va pas de même de ce côté ci de l'Atlantique.

Nous dépendons largement de la Russie pour nos approvisionnements énergétiques. La Russie est un partenaire économique de premier plan et il serait avantageux de développer plus encore ces échanges.

Sous la houlette de l'OTAN, les armée européennes se sont réorganisées en armées de projection depuis près de 25 ans. Ces projections impliquent de petites unités légères et mobiles. Tout le contraire d'une guerre de théâtre où de très nombreuses unités lourdes en affrontent d'autres.
Si la situation venait à changer il faudrait effectuer un important effort de réarmement en matériel lourd (et horriblement coûteux). Or la plupart des pays d'Europe ne possèdent même plus l'industrie nécessaire pour produire cet effort.

Pourquoi l'Europe accepte-t-elle de confier la défense partielle de son espace aérien à un pays allié certes, mais distant de 6000 Km et dont les intérêts divergent parfois fortement des siens ?

A mes yeux c'est incompréhensible. Pire, c'est de la trahison !



Thermic




Extrait de l'interview de Nicholas Burn:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-907758,0.html

Q: L'Iran est pourtant à des années, voire une décennie, de posséder des missiles de longue portée...

N.B: Je ne le crois pas. Ils travaillent déjà sur le Shahab-3...

Q: Qui n'a qu'une portée de 1 300 kilomètres...

N.B: Cela veut dire qu'il est d'ores et déjà capable d'atteindre certaines parties de l'Europe. L'Iran est un pays très capable, avec de nombreux talents et ressources. Il n'y a rien qui l'empêche de développer des missiles balistiques constituant une menace. Je le répète : ce que nous proposons, c'est un système préventif, défensif.
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